Jem Bendell : “Deep Adaptation”

Aujourd’hui un texte et une vidéo qui vous prendront un peu plus de temps que d’habitude car ce sujet et ce débat sont et seront de plus en plus au cœur de nos actions tant individuelles que collectives.

Pour ce professeur et scientifique anglais il n’y a malheureusement plus de doute possible: l’effondrement est en cours et sera un fait avéré dans les 10 ans qui viennent. Seule option restante : travailler la résilience.
Est-il encore plus lucide, pragmatique, pessimiste que ces 260 chercheurs français, suisse et belges qui appellent à une grève climatique le 15 mars prochain en phase avec le mouvement extinction rebellion dont j’ai déjà parlé ici ?

Il y a pourtant dans la conférence ci-dessous un esprit, un souffle qui permet, au-delà de la lucidité et des faits, de garder l’espoir, en particulier de créer autre chose. Cela passe par une écoute des émotions de chacun, une sorte de deuil, mais aussi et surtout par de nouvelles questions. Il est donc fort probable que le terme “Deep Adaptation”, “adaptation profonde” en français ( ou peut être adaptation intégrale ? ) devienne un terme aussi connu que collapsologie ou effondrement dans les mois qui viennent.

Utilisez le bouton “cc” en bas à droite pour afficher un sous-titrage en anglais.

Pour ceux que cela intéressent je vous conseille aussi la lecture de “Le colibri et le Sanglier : faire sa part ou faire le nécessaire” article qui pose la question du radicalisme.
Vous y trouverez ce commentaire qui rejoint me semble-t-il l’avis Jem Bendell:

Il n’y a plus qu’un scénario, pour l’autre la fenêtre s’est refermée il y a presque 20 ans.
Si en 79, la solution était politique, en 82 son sabotage a été politique : l’ère de Reagan. La complaisance est un vecteur de succès électoral. Aucune chance de succès pour une opposition minoritaire violente. Alors l’écologie s’est repliée sur le marketing, et c’est terrible de voir le décalage entre la réalité de l’effondrement imminent inévitable et le conte de fées du développement durable.
Ce qui a failli marcher, entre 72 et 82, c’est bel et bien la bataille politique et intellectuelle de haut niveau menée auprès des instances de gouvernance internationale, le levier était très puissant et efficace. Puis en 82, la reprise en mains néoconservateur nous a condamnés.
Aujourd’hui, il n’y a plus de solution politique, c’est trop tard. Il n’y a plus de solution violente non plus, c’est inutile. La propagande par le fait, c’est la planète qui l’a commencée. Avec une visibilité de 10 ans, on sent déjà l’obstacle alors que l’inertie du modèle GES est de 40 ans, à laquelle il faut ajouter celle des décisions humaines qui est, comme on le voit, 40 ans de plus.
Il reste deux choses à faire : se préparer à la résilience, et défoncer les mythes du développement durable qui sont actuellement des illusions toxiques.

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Écrit par
Marc Tirel
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